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Musée du Louvre-Lens : la culture pour revitaliser le bassin minier

Des ouvriers travaillent sur le chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France [Philippe Huguen / AFP/Archives] Des ouvriers travaillent sur le chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France [Philippe Huguen / AFP/Archives]

La culture pour revitaliser un territoire: le Louvre-Lens, qui consacre le mariage de la grande institution nationale et du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, sera inauguré mardi par François Hollande avec une brassée de chefs-d'oeuvre.

"La Liberté guidant le peuple" (1831) de Delacroix, mais aussi "La Madeleine à la veilleuse" de Georges de La Tour ont rejoint pour un an le nouveau musée, symbole d'une renaissance attendue pour cette ancienne ville minière de 35.000 habitants où le chômage touche 16% de la population.

Autre "cadeau" du Louvre aux Lensois: la "Sainte Anne" de Léonard de Vinci a quitté pour la première fois le Palais parisien pour s'installer pour trois mois à Lens.

Le musée de verre et d'aluminium poli, conçu par l'agence japonaise Sanaa, s'est posé tout en douceur sur la fosse 9-9 bis de Lens, un ancien carreau de mine à charbon. L'architecture d'une grande pureté se montre pleine de tact à l'égard de ce territoire blessé par la désindustrialisation. Ses cinq bâtiments bas et discrets, que le public pourra découvrir à partir du 12 décembre, totalisent 28.000 m2 dont 7.000 m2 de surface d'exposition.

Des ouvriers travaillent sur le chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France [Philippe Huguen / AFP/Archives]
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Des ouvriers travaillent sur le chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France
 

"Nous misons sur une fréquentation de 700.000 visiteurs la première année, et 500.000 les années suivantes", indique Xavier Dectot, directeur du Louvre-Lens. Située à une heure de Paris en TGV, la ville est au coeur du bassin minier, non loin de Lille et de la Belgique.

Le musée peut espérer capter un large public européen mais sa raison d'être première reste d'attirer la population locale.

"Il y aurait pour moi deux échecs. Le premier serait que la population du Nord-Pas-de-Calais ne s'approprie pas le musée. Le second que les fidèles du Louvre n'aient pas l'envie de venir", déclare à l'AFP le président-directeur du Louvre, Henri Loyrette.

Le Centre Pompidou-Metz, ouvert en mai 2010, a réussi jusqu'à présent son pari, avec 1,6 million de visiteurs dont beaucoup de Lorrains.

"Energie du désespoir"

Le Louvre-Lens a pour épine dorsale une Grande Galerie, accessible gratuitement la première année.

Sous le nom temporaire de Galerie du temps, elle présente pour cinq ans plus de 200 oeuvres dans un éblouissant accrochage qui part de la plus Haute Antiquité pour aller jusqu'en 1850, "retraçant le Louvre dans toute son amplitude chronologique et géographique en un seul espace décloisonné", souligne M. Loyrette.

Vue du chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France [Philippe Huguen / AFP/Archives]
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Vue du chantier du musée du Louvre-Lens, le 28 novembre 2012 à Lens, dans le nord de la France
 

Pas un objet sur les murs en aluminium poli légèrement réfléchissant. Sous un éclairage naturel zénithal, sculptures, objets et peintures disposés sur des estrades, des socles et des cimaises, semblent couler comme un long "fleuve", relève Jean-Luc Martinez, directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre.

Une autre aile est dévolue à des expositions temporaires ambitieuses et payantes. La première explique de façon didactique la Renaissance.

Décidée en 2004 sous la présidence de Jacques Chirac, l'implantation du Louvre à Lens doit beaucoup à l'énergie déployée par la région du Nord-Pas-de-Calais pour saisir cette opportunité.

Présidée par le socialiste Daniel Percheron, la région a financé à près de 60% le coût total du projet (150 millions d'euros) et elle assurera 80% du budget de fonctionnement de l'établissement public de coopération culturelle.

Pour M. Percheron, "il y a dans cette démesure du rôle de la région l'énergie du désespoir. Nous avons tellement besoin de relever la tête, de fixer l'horizon, de montrer le chemin à notre population".

Avec Euralens, vaste opération d'aménagement du territoire, "nous allons ouvrir de nouvelles perspectives de développement dans la région, créer une dynamique identique à celle de Bilbao, avec le musée Guggenheim", assure M. Percheron.

L'ouverture en 1997 de ce musée conçu par Frank Gehry a été un élément moteur de la revitalisation économique de cette ville du pays basque espagnol.

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