Yo-Kai Watch le film : rencontre avec Akihiro Hino, le père des Yo-Kai

La «Yo-Kai Watchmania» entend accompagner les petits Français cet été. Un premier film d'animation sort ce mercredi 9 août en salles. Un long métrage qui a pour but d'amplifier le succès de la série de jeux vidéo sur Nintendo 3DS, dont le merchandising ne cesse d'envahir les cours de récré et les chambres d'enfants.

Grande concurrente des Pokémons, la licence de Level-5 s'est rapidement imposée dans l'Hexagone depuis le lancement du premier jeu en avril 2016 et surtout de sa série animée, dont les saisons sont actuellement diffusées sur les chaînes Gulli et Boing.

Un succès qui ne surprend pas Akihiro Hino, le créateur de Yo-kai Watch et président du studio Level-5, que nous avons pu interviewer en avril dernier lors du lancement des jeux Yo-Kai Watch 2.

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© Level-5

Comment expliquez-vous un tel engouement autour de «Yo-kai Watch» ? Pensiez-vous que la licence s’exporterait aussi bien hors des frontières du Japon ?

«Yo-kai Watch» n’est pas notre premier projet cross-media, puisqu’à l’instar d’« Inazuma Eleven » ou de « Little Battler’s eXperience », nous avions des modèles déjà très populaires à suivre. Grâce à ces précédents, les grandes lignes de notre projet ainsi que nos équipes étaient déjà en place, afin de préparer le futur de ce jeu. Nous n’étions donc pas surpris que «Yo-Kai Watch» soit un succès. Je crois que cette méthode fonctionne également bien en Europe, depuis que nous avons été capables d’atteindre un nombre de ventes très élevé. Et je suis ravi de voir que les enfants d’Europe apprécient le monde de «Yo-kai Watch», aussi bien la série TV que les jouets.

Pourquoi deux versions accompagnent-elles le jeu, comme pour «Pokémon» ?

Les enfants veulent toujours avoir ce qu’ils n’ont pas et nous pensons que «Yo-Kai Watch» peut notamment être joué par toute la famille. En proposant deux versions, les membres d’un même foyer peuvent profiter de chacune d’elle. Elles contiennent en effet des événements qui leurs sont spécifiques, ce qui offre deux manières de profiter du jeu.

Le processus de création des Yo-kai repose sur l'instinct, plutôt qu'un travail très planifié.Akihiro Hino, président de Level-5

A l’origine, les Yo-kai sont des fantômes particuliers du folklore japonais. Pouvez-vous nous décrire le processus de création derrière vos créatures ?

Certains sont en effet directement inspirés du folklore japonais, mais la plupart sont des créations originales. Dans notre processus, l’équipe de production propose d’abord une liste de 300 noms, dont je n’en retiens que 100. Au début, je relève un nom qui me semble intéressant. Ensuite, je demande aux designers de proposer différents croquis autour de ce nom pour lui donner un visage. Puis, j’approuve ou non en fonction de ma première impression. C’est donc un process qui repose sur l’instinct et la réaction naturelle, plutôt qu’un travail très planifié et calculé.

Toutefois, il y a des exceptions. Jibanyan est l’une d’elles, puisqu’il a été créé selon l’un de mes souvenirs, à partir d'un chat errant que j’ai croisé. Lorsque je l’ai vu, je me suis dit « dommage que je ne puisse pas le ramener chez moi ». Puis je suis parti. Mais il était tellement mignon que je suis revenu sur mes pas. Hélas, la pauvre bête avait été percutée par une voiture entre temps. Quand j’y pense, j’aime imaginer que Jibanyan est ce petit chat qui profite d’une vie joyeuse en tant que Yo-kai. Malheureusement, c’est quelque chose d’assez courant au Japon, donc je pense que cela parle à tous les enfants.

En France, beaucoup de joueurs s’étonnent de voir que vos jeux sont commercialisés dans notre pays presque trois ans après leur sortie au Japon. Comment expliquez-vous de tels délais ?

Au Japon, Level-5 est une société connue et nous avons de bonnes relations avec diverses compagnies. Toutefois, c’est très différent en occident où cela demande du temps de tisser des liens avec différentes sociétés. Depuis que Level-5 est une société à part en occident, nous avons dû nouer des liens de confiance. C’est l’un de nos plus gros challenges. En outre, pour les marchés où cela prend plus de temps, nous devons aussi travailler différents aspects de localisation autour des jeux, afin de les rendre plus familiers avec ce public.

Level-5 croit fermement dans le développement de licences cross-media. C’est le cas pour «Yo-kai Watch», «Inazuma Eleven» et bientôt «Megaton Musashi» (trailer ci-dessus). Pourquoi est-ce la clé du succès selon vous ?

Tout d’abord, il faut garder à l’esprit que les enfants n’ont pas beaucoup d’argent. Acheter un nouveau jeu vidéo est donc très compliqué pour eux. J’ai donc eu l’idée de mettre d’abord en avant des contenus plus abordables, comme les mangas ou les séries TV. Ces médias popularisent les licences et construisent des affinités, ce qui permet entre-temps de proposer un jeu vidéo, pour en prolonger l’expérience. Cet exemple de synergie entre les jeux et les séries TV prouve qu’il est possible d’atteindre le succès, en préparant tout depuis le début.

Pour les fans de foot, «Inazuma Eleven» a été un gros succès en France. Cette franchise fera-t-elle bientôt son retour ?

Oui et dès 2018. Bien sûr, nous cherchons cette fois-ci à mettre en place un lancement mondial. S’il vous plaît, restez à l’affût pour entendre rapidement de nos nouvelles !

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