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Environnement : protéger la forêt amazonienne est aussi un enjeu de santé majeur

Les scientifiques ont calculé que le maintien de la protection des territoires indigènes peut permettre d'absorber 700.000 kg de particules fines PM 2,5 chaque année. [MICHAEL DANTAS / AFP]

L'importance de l'Amazonie pour le climat et la biodiversité est bien connue. Mais sa préservation est aussi un enjeu de santé: la lutte contre la déforestation en territoire indigène permettrait d'éviter des millions de cas de maladies par an, concluent des chercheurs dans une étude parue jeudi.

Plus de 15 millions de cas de maladies respiratoires et cardiovasculaires pourraient être évités en préservant la forêt amazonienne, selon une nouvelle étude parue ce jeudi 6 avril sans la revue Communications Earth & Environment. Soit une économie de 2 milliards de dollars en dépenses de santé.

Cette équipe internationale a analysé dix années de données sur la pollution aux particules fines (PM 2,5), la santé et la forêt tropicale, soumise à des taux de déforestation parmi les plus élevés du monde. Les feux de forêt, souvent déclenchés intentionnellement pour faire de la place à des activités agricoles,peuvent contribuer à des maladies respiratoires ou cardiovasculaires en raison des particules émises. Cela signifie aussi la disparition d'arbres qui agissent comme des filtres contre la pollution.

L'impact néfaste des feux de forêt

Les scientifiques ont calculé que le maintien de la protection des territoires indigènes, qui comptent pour un gros cinquième de l'Amazonie, peut permettre d'absorber 700.000 kg de particules fines PM 2,5 chaque année, ce qui ensuite se traduit en termes d'économies, et de maladies évitées dans la région amazonienne.

A l'inverse, chaque hectare de forêt brûlée génère un coût moyen de 2 millions de dollars, ont-ils calculé. Ils ont aussi établi que plus une municipalité possède d'espace forestier, en particulier quand ce dernier est peu fragmenté, moins d'infections sont enregistrées. Les chercheurs concluent que leurs travaux peuvent désormais être utilisés «comme preuve en faveur de la protection de la forêt et des territoires indigènes».

«Pour combattre les feux de forêt, il faudrait réduire la déforestation, renforcer la législation environnementale, augmenter les pénalités pour ceux qui déforestent et brûlent la forêt, ainsi que renforcer les agences» environnementales, estime Paula Prist, de l'ONG EcoHealth Alliance à New York, coauteure de l'étude aux côtés de sept scientifiques.

Le nouveau président brésilien Lula da Silva avait assuré en mars qu'il comptait homologuer «au plus vite» de nouvelles terres réservées aux indigènes, une légalisation restée au point mort sous le mandat de son prédécesseur Jair Bolsonaro.

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