Gironde : un «menu raviolis» pour les enfants dont les parents n’ont pas payé la cantine

La municipalité affirme devoir faire face à 20.000 euros d'impayés. [JEFF PACHOUD / AFP]

Depuis la rentrée, les écoliers de La Teste-de-Buch (Gironde) dont les parents ne paient pas la cantine ont un menu spécial : des raviolis en conserve. L'affaire fait polémique.

Il a fallu attendre que plusieurs parents d'élèves témoignent sur les réseaux sociaux, pour que l'affaire tourne au scandale. «C'est immoral !», commente Stéphanie Anfray, présidente départementale de la Fédération des conseils de parents d'élèves de Gironde (FCPEG), dans les colonnes du Figaro.

Les témoignages de parents en colère, relayés par La Dépêche du Bassin, font mention de plusieurs jours d'affilée où des enfants n'ont eu pour repas que des raviolis. Certains dénoncent le fait que la municipalité n'ait pas cherché «d'autres solutions plutôt que d'impliquer les enfants dans des problèmes d'adultes».

Au Figaro, le maire-adjoint (Les Républicains) en charge de l'éducation, Jean-Bernard Bielher, s'explique : «C'est une mesure qui intervient après de nombreuses relances par courrier. Nous prenons même contact avec la famille en nous rendant dans les écoles, ou parfois même sur le lieu de travail d'un des parents, mais la plupart font la sourde oreille.»

Une fois le dossier de demi-pension rempli en début d'année scolaire, les parents n'ont qu'à inscrire chaque jour leurs enfants à la cantine. Le problème, pour l'élu, c'est que «si les parents sont négligents, cela fausse le nombre de repas». Les services doivent alors trouver en urgence des repas à fournir aux élèves concernés. «La méthode est certes déplorable mais nécessaire», a-t-il souligné.

Bataille de chiffres

Selon Jean-Bernard Bielher, seuls cinq enfants sur 1.355 auraient été concernés par ces repas de substitution. L'adjoint avance également la somme de 20.000 euros d'impayés, «ramenée à 13.000 euros» en mars 2017.

Mais du côté de la FCPE, on doute de ces chiffres. «Même si les parents des cinq enfants ne payaient pas depuis un an la cantine - ce qui n'est absolument pas le cas car il ne s'agit que d'un mois ou deux - cela reviendrait à 2.400 euros (d'impayés)», argue Stéphanie Anfray.

A la mairie, on assure que cette mesure «ne porte pas atteinte à l’égalité d’accès au service public», dans un communiqué posté sur Facebook, provoquant des débats houleux sur le réseau social.

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