L’ancien directeur de l’Alliance française Yoann Barbereau raconte son incroyable cavale

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Yoann Barbereau est arrivé à Nantes le mercredi 8 novembre dernier. [LOIC VENANCE / AFP]

Ce vendredi 10 novembre, deux jours seulement après avoir regagné la France par ses propres moyens, l’ancien directeur de l’Alliance française en Sibérie Yoann Barbereau est revenu sur son périple lors d’une conférence de presse.

Le Nantais, âgé de 38 ans, était en poste à Irkoutsk lorsqu’il a été condamné par contumace à quinze ans de colonie pénitentiaire le 26 décembre 2016. Il était accusé d’actes à caractères sexuels sur sa fille, une affaire qu’il estime être un véritable «complot».  

Lors de la conférence de presse retranscrite par Ouest France, Yoann Barbereau est longuement revenu sur son périple de 8.000 kilomètres, qui a duré quatorze longs mois, pour arriver vers sa ville natale où l’attendaient ses proches.

Tout a commencé le 11 février 2015, lorsqu’une dizaine de personnes cagoulées ont arrêté l’ancien directeur de l’Alliance française en Sibérie. Dès le 21 avril de cette même année, il a été mis en prison, puis enfermé dans un hôpital psychiatrique. Mais en septembre 2016 et malgré son bracelet électronique attaché à la cheville, Yoann Barbereau a décidé de prendre la fuite à l’aide d’un service de covoiturage.

Retenu à l'ambassade de France à Moscou pendant un an

Au bout de 5.000 kilomètres de trajet vers l'Ouest, Yoann Barbereau est alors arrivé aux portes de l’ambassade de France à Moscou, loin d’imaginer ce qui l’y attendait. Selon ses propos lors de la conférence de presse, l’ambassadeur aurait prévenu les Russes de sa présence «au bout de quinze minutes».

Une année est alors passée sans que le Nantais, installé dans «une chambre de passage», ne soit exfiltré vers la France. Profitant finalement d’une «faille de sécurité», ce dernier s’est enfui de l’ambassade. «J’ai acheté du matériel, un sac à dos, une pince, un couteau de survie, une lampe de poche, des nouveaux téléphones des cartes SIM sans noms», a-t-il précisé.

«J'ai rencontré des loups dans la forêt...»

Aidé par un ami dont il n’a pas divulgué le nom, Yoann Barbereau s’est dirigé vers l’Ouest dans l’espoir de rejoindre un pays européen : «J’ai rencontré des loups dans la forêt avec un sentiment de peur dans les quinze premières minutes…» a-t-il raconté lors de sa conférence. «Quand je traverse la frontière, j’ai peur. Je sais qu’il y a des chiens. Je crains les tireurs. Oui, j’ai risqué ma vie», a-t-il ajouté.

Enfin arrivé en «terrain ami en Europe», Yoann Barbereau a finalement rejoint l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle ce mercredi 8 novembre dans des circonstances qu’il n’a pas souhaité dévoiler. 

Lors de cette même conférence de presse, l’ancien directeur de l’Alliance française a fustigé l’inaction de la diplomatie française, ajoutant que sa priorité était désormais de «renouer des liens avec [sa] fille». 

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