Une personne intersexuée dépose plainte contre les médecins qui l’ont opérée enfant

La personne intersexuée a porté plainte pour «violences volontaires sur mineur ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente». [PHILIPPE LOPEZ / AFP]

C’est une première en France : une personne intersexuée, née avec des caractéristiques sexuelles féminines et masculines, a porté plainte pour «violences volontaires sur mineur ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente».

A 38 ans, Camille* (le prénom d’emprunt donné à la personne intersexuée dans l’article), reproche à quatre médecins et deux hôpitaux de lui avoir fait subir, durant l’enfance, sept interventions chirurgicales afin de le faire «devenir un homme».

Des opérations qui marquent le début de ses souffrances

«Mon intersexuation ne me mettait pas en danger de mort. Mais ça, on ne l’a jamais expliqué à mes parents. Pour les médecins, il fallait forcément me faire entrer dans une case», a confié Camille* à 20 minutes. Les médecins ont opté pour la case masculine lorsqu’il avait trois ans.

Il souhaite ainsi que justice soit faite sur ce point, pour lui et pour les autres. «J’ai attendu d’avoir 36 ans pour comprendre que j’avais été mutilé. Je veux maintenant éviter cela aux autres enfants», a-t-il confié à 20 Minutes.

4.000 bébés par an naissent en état d'intersexuation, selon une estimation

Il est difficile d’estimer combien de bébés naissent chaque année en France en état d’intersexuation. Certains l’estiment à 200, d’autres à 4.000.

Avant de quitter l’Elysée en mars 2017, François Hollande avait demandé que soient interdites les opérations chirurgicales menées sur les enfants en situation d’intersexuation. «Elles sont de plus en plus largement considérées comme des mutilations», avait-il estimé à l’époque.

La plainte de Camille* a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire. C’est la première en France qui pourrait conduire à un procès d’assises. 

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