Paris : les riverains du quartier Jaurès mobilisés pour les migrants

Le trottoir des 40.000, surnommé ainsi par les riverains qui estiment que plus de 40.000 personnes ont déjà dormi ici depuis deux ans, espérant un rendez-vous à la PADA du boulevard de la Villette (10e). Le trottoir des 40.000, surnommé ainsi par les riverains qui estiment que plus de 40.000 personnes ont déjà dormi ici depuis deux ans, espérant un rendez-vous à la PADA du boulevard de la Villette (10e).[© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Réunis en collectif, les riverains du quartier Jaurès/Stalingrad, dans le 10e arrondissement de Paris, organisent une grande mobilisation citoyenne, ce lundi, à 19 heures, au 127 boulevard de la Villette.

Ils dénoncent notamment les conditions indignes dans lesquelles vivent les migrants, qui tentent d'obtenir un rendez-vous à la plateforme d'accueil (PADA), et restent ainsi des nuits entières dehors à espérer être le premier arrivé à l'ouverture de cette antenne, gérée par France Terre d'Asile.

«Cela fait vingt mois qu’a été mise en place cette plateforme "dite d’accueil" pour demandeurs d’asile, et tout de suite, nous avons pu constater qu'il y avait des problèmes» témoigne Pierre Vuarin, un des membres actifs du collectif "Habitants Associés".

Pour lui, le système d'accueil actuel nécessite en effet – au grand désespoir des riverains – que ces migrants «attendent pendant des journées et des nuits entières à l’extérieur», avec à peine de quoi survivre. «Cela fixe ces gens dans le quartier pendant des jours, sans alimentation et sans hébergement, créant des situations de tensions et de violences», explique-t-il. 

Une cinquantaine de riverains pro-actifs ont donc décidé de se réunir et ont convié les élus locaux, avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, les maires d'arrondissement et l'ensemble des conseillers de Paris, à se joindre à eux, ce lundi 18 décembre. Les invitant à venir s'engager publiquement, et signer un texte, exhortant à «la mise à l'arrêt de ce système d’accueil».

Ensemble, ils veulent témoigner de leur engagement pacifique et déposer des bougies tout autour du «trottoir des 40.000»– surnommé ainsi par les riverains au vue du nombre de personnes qui auraient passé la nuit là depuis deux ans ; afin de délimiter la zone où se crée «de l'indignité et de l'humiliation».

Selon eux, il faudrait surtout imaginer «un système d'accueil digne», qui garantisse un accès aux soins, à l'alimentation ainsi qu'à un hébergement. Et si ces conditions ne sont pas réunies, ou promises avant la fin de l'année, les riverains ont déjà annoncé qu'ils entameraient «par vagues» une grève de la faim, au mois de janvier.

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