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L’avocat de Jonathann Daval reconnaît des «erreurs de communication»

Après avoir été vivement critiqué pour ses déclarations, Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer a fait son mea culpa, sans pour autant regretter ses paroles.[SEBASTIEN BOZON / AFP]

Critiqué pour sa façon de défendre son client, l'avocat de Jonathann Daval est revenu sur sa stratégie de défense et sur les «erreurs» commises en termes «de communication». 

Le pénaliste avait en effet annoncé à la presse que son client était passé aux aveux, juste après être apparu embarrassé devant les caméras au moment où l'affaire prenait un tournant dangereux pour son client. Me Randall Schwerdorffer n'avait alors rien caché, préférant dire tout ce qu'il savait à chaud, sous les regards étonnés des journalistes. «J'ai fait des erreurs de communication que j'ai reconnues, mais que je ne regrette pas», a toutefois assuré Me Randall Schwerdorffer au micro de RTL, lundi 5 février. 

«Je considère qu'il n'y a aucune erreur de ma part à être intervenu durant la garde à vue. Il fallait préparer l'opinion publique (...) aujourd'hui un procès ne se joue plus que devant les tribunaux, mais aussi devant l'opinion publique», a-t-il déploré.

«J'ai dit ce que je ressentais»

Face à la presse, l’avocat avait fait polémique en assurant que Jonathann Daval avait reconnu avoir tué son épouse, mais que «c'était un accident», ajoutant qu’il y avait «deux victimes dans l'affaire» et qu'un conjoint était violent, mais «pas celui qu'on pense». «J'aurais dû utiliser des termes plus adaptés mais je ne les regrette pas car j'étais sincère, dit-il à RTL, j'ai dit ce que je ressentais et pensais (...) je n'ai jamais légitimé les violences faites aux femmes.»

Des associations de défense des droits des femmes, ainsi que Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à Egalité entre les femmes et les hommes, s’étaient indignées contre l’avocat, l’accusant de renverser la culpabilité sur Alexia Daval, accusée d’avoir une personnalité écrasante et d’avoir ainsi poussé son mari à commettre l’irréparable. La tante de la victime avait déclaré, sur BFMTV, que la défense de Me Randall Schwerdorffer était «inacceptable». «On a l’air d’inverser les rôles, c’est inadmissible», avait-elle dénoncé.

Après avoir estimé que Marlène Schiappa «s’excitait» toute seule, l’avocat semble faire machine arrière, confessant «avoir réagi dans l’émotion».

«Le terme ‘accident’ n'a pas été compris»

Reconnaissant ne pas être un «professionnel de la communication», il revendique «le droit de se tromper». «J’aurais dû utiliser des termes plus adaptés mais je ne les regrette pas parce que j’étais sincère», a-t-il confié. «Le terme ‘accident’ n'a pas été compris, ‘personne formidable’ n'a pas été compris et ‘belle personne’ n'a pas été compris», a regretté le conseil de Jonathann Daval.

On lui reproche notamment d'avoir révélé publiquement qu'il doutait de l'innocence de son client alors qu'il était entendu. «A partir du moment où [...] étaient sorties des preuves accablantes» dans la presse, «soit je faisais comme si je ne savais rien et je disais il est innocent jusqu’au bout jusqu’à en être ridicule, soit je commençais à envisager la culpabilité de Jonathann Daval pour essayer d’expliquer et d’humaniser au maximum. C’était le sens de mon intervention au moment des aveux», a développé Me Schwerdorffer, qui estime ne rien avoir dévoilé puisque «tout était déjà dans la presse».

«J'avais sous-estimé la haine qu'avaient à ce moment-là de nombreux français vis-à-vis de Jonathann», a reconnu l'avocat. «Je n’ai été dépassé que par l’emballement médiatique, pas par l’affaire», a-t-il assuré.

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