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François Hollande achève sa visite au Liban dans un camp de réfugiés syriens

Le président Hollande assiste à une cérémonie avec des Casques bleus français membres de la FINUL à Beyrouth, le 17 avril 2016 [STEPHANE DE SAKUTIN                  / AFP] Le président Hollande assiste à une cérémonie avec des Casques bleus français membres de la FINUL à Beyrouth, le 17 avril 2016 [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Le président français François Hollande achève dimanche sa visite au Liban dans un campement de réfugiés syriens, après avoir promis à Beyrouth un renfort de l'aide humanitaire française, avant de s'envoler pour l'Egypte, deuxième étape de sa tournée au Moyen-Orient.

M. Hollande rejoindra en début d'après-midi en hélicoptère le campement de tentes informel de Dalhamiyé dans la Békaa (est) qui abrite une centaine de familles de réfugiés syriens. Le chef de l'Etat y rencontrera deux familles qui doivent prochainement trouver asile en France, une manière d'illustrer la volonté de Paris d'accroître sa contribution, pour l'heure modeste, à l'accueil de réfugiés fuyant la guerre en Syrie.

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François Hollande vient de rendre hommage aux soldats français morts au Liban, lors d'une cérémonie commémorative à  Beyrouth le 17 avril 2016 [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]
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François Hollande vient de rendre hommage aux soldats français morts au Liban, lors d'une cérémonie commémorative à Beyrouth le 17 avril 2016

A son arrivée samedi à Beyrouth, le président avait déjà annoncé que la France accueillerait 3.000 réfugiés supplémentaires en 2016 et 2017. Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 270.000 morts, a jeté des millions de personnes sur les routes de l'exil. Et plus d'1,1 million de ces exilés ont trouvé refuge au Liban, soit l'équivalent d'un quart de la population du petit pays méditerranéen. Le président français visitera le centre de loisir du campement avant une réunion avec des représentants du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), du Haut Commissariat pour les réfugiés et d'ONG françaises.

"Fédérer les dons" aux réfugiés

Samedi, à peine arrivé à Beyrouth, M. Hollande a promis le versement de "100 millions d'euros dans les trois prochaines années" pour aider le Liban à faire face à l'afflux de réfugiés. Il a aussi annoncé une prochaine réunion du "groupe international de soutien au Liban pour fédérer tous les dons". Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault se rendra à cette fin le 27 mai à Beyrouth. Le chef de l'Etat français s'est par ailleurs engagé à "une aide immédiate pour renforcer les capacités militaires du Liban" face à la menace jihadiste, en particulier de Daesh qui a déjà revendiqué des attentats dans le pays. Cette aide intervient alors que l'Arabie saoudite a suspendu un don de 2,2 milliards d'euros aux autorités libanaises qui devait leur permettre d'acquérir des équipements militaires français.

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Dimanche matin, avant son déplacement dans la Békaa, M. Hollande avait évoqué avec le patriarche Béchara Raï, chef de la puissante église chrétienne maronite, la situation des chrétiens d'Orient, minorités vulnérables dans une région ravagée par les guerres et marquée par la montée des mouvements jihadistes. Il a également rencontré des chefs religieux musulmans et chrétiens dans ce pays connu pour sa mosaïque confessionnelle. "Doivent-ils rester parfois au risque de leur vie ou doivent-ils partir? Mais s'ils partent c'est l'ensemble du Moyen Orient qui se trouve déséquilibré", a notamment déclaré M. Hollande.

La France, "désintéressée"

Samedi, M. Hollande a multiplié les appels en faveur du règlement de la crise institutionnelle au Liban, sans président de la République depuis mai 2014. Il s'est entretenu notamment avec un des candidats à la présidence, Souleimane Frangié samedi soir, et auparavant avec le Premier Tammam Salam qui a clairement sollicité le soutien de Paris pour sortir de cette crise. "La France est une puissance amicale et désintéressée, c'est pour cela qu'on nous demande d'intervenir", a décrypté un proche de M. Hollande soulignant le rôle que Paris pourrait jouer auprès de l'Arabie saoudite et de l'Iran. La rivalité entre les deux grands acteurs sunnite et chiite de la région alimente la crise libanaise. François Hollande s'envolera en fin de journée pour l'Egypte où il effectuera sa première visite d'Etat depuis 2012. Un déplacement à forte teneur économique.

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Accompagné d'une trentaine de dirigeants d'entreprises, le président français ouvrira notamment un forum d'affaires au Caire et sa venue devrait être l'occasion de signatures de contrats. Côté diplomatique, la crise libyenne et le conflit israélo-palestinien seront au coeur de ses entretiens avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Mais M. Hollande est aussi attendu sur la question des droits de l'Homme. Plusieurs ONG ont, avant son arrivée, dénoncé "le silence étourdissant" de Paris sur les violations de ces droits par le régime de M. Sissi. Selon un diplomate français, M. Hollande entend sur ces sujets porter des "messages" de façon "discrète et efficace". Au cas de l'étudiant italien mort sous la torture fin janvier au Caire qui a conduit récemment l'Italie à rappeler son ambassadeur, se sont ajoutées mercredi les accusations portées contre le Quai d'Orsay par la mère d'un enseignant français battu à mort en 2013 dans un commissariat de police égyptien.

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