Au cinéma, les films d’horreur sont le seul genre où les femmes parlent autant que les hommes

L'actrice Anya Taylor-Joy, héroïne du film The Witch (La Sorcière, 2015) [Larry Busacca / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

La parité se retrouve parfois là où on ne l'attend pas. Selon une récente étude, les films d'horreur sont ainsi le seul genre cinématographique où les femmes ont un temps de parole équivalent à celui des hommes. 

Une découverte que l'on doit à Stacy Smith, une chercheuse en sciences sociales américaine par ailleurs professeur de communication à l'Université de Californie du Sud.

Pourtant, au départ, rien ne laissait à penser que les films d'horreur feraient office d'exception. Après avoir passé au crible les 5.839 personnages des 129 films les plus vendus entre 2006 et 2011, Stacy Smith a en effet établi que moins de 30% d'entre eux étaient des filles ou des femmes

Parallèlement, seulement 50% des oeuvres étudiées, tous genres confondus, remplissaient les critères du test de Bechdel.

Ce questionnaire, mis au point dans les années 1980 par l'auteur de BD Alison Bechdel, évalue en effet le degré de sexisme d'un film en considérant, par exemple, le fait que deux personnages féminins puissent parler d'autre chose que d'un homme. 

Puis, en analysant les films par genre, Stacy Smith a établi que l'horreur est le seul genre où les femmes ont des rôles de plus en plus importants, incarnant souvent les personnages principaux - comme des monstres ou des héroïnes - et donc loin du rôle de victimes, auquel elles sont encore trop souvent assignées.

Un genre pionnier dans l'histoire du cinéma

Comme l'explique de façon très complète le site spécialisé Quartz, s'appuyant lui-même sur un article du Guardian, cette présence importante de femmes dans les films d'horreur pourrait s'expliquer par le fait que, historiquement, elles ont toujours eu une place prépondérante dans ce type de cinéma.

Traditionnellement, force est de reconnaître qu'elles ont pourtant souvent été victimes de tueurs fous ou de monstres en plus de beaucoup crier. Mais, le temps aidant, cela est beaucoup moins vrai aujourd'hui au point qu'une «renaissance de l'horreur» semble avoir eu lieu au cours de la dernière décennie.

On est ainsi passé du plaisir de victimiser les femmes à l'apparition de femmes puissantes, héroïnes survivantes des épreuves qu'elles traversent. 

Le film d'horreur historique de Robert Eggers, The Witch (La Sorcière) est à ce propos un exemple éloquent. Sorti en 2015, il a été l'une des bonnes surprises de l'année et a d'ailleurs obtenu l'excellente note de 91 sur 100 sur le site de critiques cinématographiques Rotten Tomatoes.

Le film raconte l'histoire de Thomasin, une adolescente qui, dans une colonie dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, se bat contre ses parents et ses frères et soeurs, qui la prennent pour une sorcière, et la rendent responsable des malheurs qui s'abattent sur la famille. Mais, au fil du film, on découvre que Thomasin est simplement une adolescente, prise au piège d'une société et d'une culture dominées par les hommes.

The Witch n'est qu'un exemple parmi d'autres de films sortis ces dernières années et qui mettent en scène des femmes comme personnages principaux tels Stoker, Under the Skin, Rec, ou encore The Conjuring.

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