Menacée de mort pour avoir suggéré d'adopter le genre neutre à l'école

Natasha Devon a reçu des menaces de viol et de mort à la suite de son intervention lors d'une conférence. [Capture d'écran - @NatashaDevon]

Natasha Devon, spécialiste de la santé mentale, s'est retrouvée dans une tempête médiatique après son intervention dans une conférence consacrée à l'éducation des filles.

Cette ancienne conseillère du gouvernement britannique a en effet reçu de vives critiques à la suite d'un discours tenu auprès d'enseignants venus assister à l'événement. En effet, les médias britanniques ont repris une partie de ses propos qui concernaient l'utilisation du genre neutre à l'école.

«Natasha Devon ordonne aux enseignants de ne pas désigner les filles par le mot filles parce que cela leur rappelle leur genre», a ainsi titré le média britannique Express ce lundi.  

D'autres médias, comme The Sun, The Telegraph ou The Mirror ont relayé les mots de Natasha Devon, en se risquant parfois à quelques raccourcis. C'est du moins ce qu'a dénoncé l'intéressée dans une tribune publiée ce jeudi.

Déformation de sa pensée

Elle leur reproche notamment de n'avoir relayé que quelques minutes de son discours, consacrées au lien entre la sexualité et le genre avec la santé mentale des enfants, sur une heure de prise de parole totale. 

Surtout, Natasha Devon estime que les journalistes ont déformé le fond de sa pensée en affirmant qu'elle voulait imposer l'usage d'un genre neutre aux enseignants, d'une part, alors qu'elle ne faisait que le conseiller.

D'autre part, elle explique qu'elle a voulu promouvoir les vertus d'un langage inclusif et neutre afin de ne pas toujours rappeler aux élèves leur appartenance à un genre et le modèle auquel il est associé.

Pour la spécialiste de la santé mentale, il s'agit d'un outil pour ne pas que certains élèves se sentent exclus ou «déviant» par rapport à une norme pré-établie. 

Des menaces de mort et de viol

«C'est comme cela que les médias, malgré tout le travail qu'ils font pour éveiller les consciences sur la santé mentale, mettent fin à certains des débats compliqués que nous devons avoir afin de mieux la comprendre», a-t-elle jugé. 

En raison de la déformation de ses propos par la presse, l'ex-chargée des questions de santé mentale des jeunes au sein de l'exécutif estime avoir dû répondre à de nombreuses hostilités : 

«J'ai reçu des menaces de mort et de viol, des messages remettant en cause ma santé mentale, me traitant de 'p****** d'idiote', essayant de m'offenser à travers le prisme de mon propre genre, me traitant de grosse et de moche, suggérant que je devrais être brûlée comme une sorcière et, peut-être le plus offensant, m'accusant d'être la seule responsable des difficultés mentales rencontrées par les enfants britanniques.» 

D'autres internautes ont accusé Natasha Devon de vouloir s'adapter aux quelques enfants transgenres par l'usage du genre neutre.

Cette dernière en a donc profité pour rappeler la différence entre le sexe et le genre : «Votre sexe vit entre vos jambes, votre genre vit entre vos oreilles.»

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