Pour Tusk, Dublin détient les «clefs» des négociations sur le Brexit

Le ministre des Affaires étrangères irlandais Simon Coveney (centre) arrive au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles le 24 novembre 2017   [Emmanuel DUNAND / AFP] Le ministre des Affaires étrangères irlandais Simon Coveney (centre) arrive au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles le 24 novembre 2017 [Emmanuel DUNAND / AFP]

Le président du Conseil européen Donald Tusk a lié vendredi le sort des négociations sur le Brexit à l'avenir de la frontière irlandaise, prévenant Londres que si sa proposition pour régler la question est "inacceptable pour l'Irlande, elle le sera aussi pour l'UE".

L'Union européenne a donné à Londres jusqu'à lundi pour prendre des engagements "suffisants" sur la frontière irlandaise, un des trois dossiers qu'elle souhaite régler en priorité avant d'initier la deuxième phase des négociations, soit la définition de sa future relation commerciale avec Londres.

"Nous n'y sommes pas encore", a constaté vendredi le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney. "Nous voulons être positifs mais nous insistons aussi sur le fait qu'il ne peut y avoir de frontière", a-t-il ajouté devant la presse à Dublin.

Le retour d'une frontière entre les deux Irlande après le Brexit -prévu fin mars 2019- risquerait de provoquer un choc pour ces deux économies particulièrement imbriquées qui échangent aujourd'hui sans entraves.

Elle pourrait aussi fragiliser l'accord de paix de 1998 en Irlande du Nord.

Donald Tusk (D) et Leo Varadkar à Dublin le 1er décembre 2017 [Paul FAITH / AFP]
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Donald Tusk (D) et Leo Varadkar à Dublin le 1er décembre 2017

Après une rencontre dans la capitale irlandaise avec le Premier ministre Leo Varadkar, Donald Tusk a affiché un soutien sans faille à la position irlandaise.

"Permettez-moi de le dire très clairement. Si l'offre britannique est inacceptable pour l'Irlande, elle le sera aussi pour l'UE", a-t-il déclaré devant la presse au côté de M. Varadkar.

"La clé de l'avenir du Royaume-Uni réside - à certains égards - à Dublin, du moins tant que les négociations sur le Brexit se poursuivent", a estimé M. Tusk, en assurant que l'UE "soutient complètement" la demande de l'Irlande de ne pas voir rétablie une frontière physique.

"Les revendications irlandaises sont les revendications de l'UE" et "nous ne pouvons pas laisser le Brexit détruire" l'accord de paix de 1998, a-t-il encore insisté.

Plusieurs commentateurs politiques britanniques voyaient dans les déclarations de M. Tusk un "veto" accordé à Dublin sur le passage à la deuxième phase des négociations.

De quoi irriter les Brexiters purs et durs, à commencer par leur champion Nigel Farage, l'ancien leader du parti europhobe Ukip.

"Tusk et les tyrans de l'UE veulent juste nous humilier. (La Première ministre britannique Theresa) May devrait tout arrêter et quitter" les négociations, a-t-il réagi sur Twitter.

De son côté, M. Varadkar a fait montre d'"optimisme" quant au règlement de la question, tout en disant prêt "à rester ferme avec ses partenaires si l'offre britannique n'est pas satisfaisante".

 

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