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Angela Merkel désamorce un début de rébellion dans son parti

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse, le 25 février 2018 à Berlin [Tobias SCHWARZ / AFP] La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse, le 25 février 2018 à Berlin [Tobias SCHWARZ / AFP]

Angela Merkel fait approuver lundi par ses troupes le projet de gouvernement avec les sociaux-démocrates pour sortir l'Allemagne de l'impasse, après avoir provisoirement circonscrit un début de rébellion de l'aile droite de son mouvement conservateur.

Les mille délégués du parti démocrate-chrétien (CDU) se réunissent en congrès à partir de 10H00 (09H00 GMT) à Berlin. Objectif principal: valider le contrat de coalition négocié aux forceps au début du mois entre le mouvement, son allié bavarois CSU et les sociaux-démocrates, après plus de quatre mois de valse-hésitation dans un paysage politique éclaté suite aux législatives de septembre.

Le prix politique payé par la chancelière pour cette alliance - la seule à même de constituer une majorité à la chambre des députés - est élevé. Pour convaincre un SPD très hésitant, Angela Merkel a accepté de lui céder le ministère des Finances, perçu comme garant de rigueur budgétaire en Allemagne et en Europe par les conservateurs.

«La concession de trop», a souligné une des figures de la CDU, Wolfgang Bosbach, résumant le sentiment de l'aile droite du mouvement, en guerre contre le cap trop centriste à ses yeux de la chancelière. Lancinantes depuis l'ouverture controversée en 2015 des frontières de l'Allemagne à plus d'un million de migrants, plus audibles après sa victoire étriquée aux législatives de septembre, les critiques en interne contre la politique de la chancelière ont redoublé avec cet accord gouvernemental.

Pour désamorcer l'ire de l'aile droite en vue du congrès, la chancelière a annoncé dimanche soir promouvoir leur chef de file, Jens Spahn, dans le prochain gouvernement à un poste de ministre, celui de la Santé. Sa présence doit refléter le fait que «le parti est pluriel», a-t-elle dit.

A 37 ans, l'opposant le plus visible en interne à la ligne Merkel juge que la CDU est devenue trop «social-démocrate». Affichant sa proximité idéologique et générationnelle avec le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui gouverne avec l'extrême droite dans son pays, Jens Spahn réclame un virage conservateur, notamment sur les questions identitaires et d'immigration. Un changement de cap rejeté par Angela Merkel, qui entend maintenir son parti au centre de l'échiquier.

 

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