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La durée de l’enneigement dans les Alpes a diminué de près d’un mois en 50 ans

La période d'enneigement et l'épaisseur des couches de neiges sont de plus en plus faibles. La période d'enneigement et l'épaisseur des couches de neiges sont de plus en plus faibles. [MIGUEL MEDINA / AFP]

Il neige de moins en moins longtemps dans les Alpes, selon une étude scientifique publiée ce jeudi. En moyenne, la durée de l’enneigement aurait diminué de près d’un mois en 50 ans.

Cette étude, cosignée par une trentaine de chercheurs et publiée dans la revue scientifique The Cryosphere, indique que la période d’enneigement, c’est-à-dire la période où il y a de la neige au sol chaque hiver, a diminuée en moyenne de 22 à 34 jours dans les Alpes, en dessous de 2.000 mètres d’altitude, entre 1971 et 2019. 

Cette baisse de l’enneigement est une «tendance de fond, qui vient confirmer les études précédentes», selon Samuel Morin, l’un des cosignataires de l’étude et directeur du Centre national de Recherches météorologiques. Les scientifiques ont constaté qu’en dessous de 2.000 mètres d’altitude, le nombre de jours entre les premières neiges et la fonte du printemps diminuait d’environ cinq jours tous les 10 ans.

Si le nombre de jours où il neige diminue, la quantité de neige qui tombe est aussi en train de se réduire. En moyenne, on perd environ 2,8 centimètres de neige tous les 10 ans dans le nord des Alpes, entre 1.000 et 2.000 mètres d'altitude. Au sud de l’arc alpin, on perd environ 4,8 centimètres de neige chaque décennie, selon les estimations.

Pour parvenir à ces estimations, les chercheurs ont traité des données d’observation de 2.000 stations météo situées dans six pays différents : la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et la Slovénie.

Le réchauffement climatique en cause

Selon leurs analyses, cette diminution des neiges est due à deux phénomènes : les précipitations sont aujourd’hui davantage pluvieuses que neigeuses, ce qui réduit l’épaisseur de la couche de neige, qui, dans un second temps, fond beaucoup plus vite qu’avant.

Si les scientifiques n’ont pas cherché à définir les causes de cette diminution des neiges, une explication semble tout de même se détacher : c’est «avant tout le réchauffement climatique qui joue», selon Samuel Morin, qui estime que la diminution de l’enneigement serait comprise entre 10% et 40% en 2050, «quoi qu’on fasse en termes d’émission de gaz à effet de serre». 

Météo-France prévoit une diminution de 80% à 90% d’ici à 2100 en cas de fortes émissions, rendant ainsi le manteau neigeux régulièrement inexistant à altitude moyenne. Une perte de l’enneigement qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur les montagnes, et notamment sur les stations de sport d’hiver.  

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