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Israël-Hamas : l’ONU a «de bonnes raisons de croire» que des viols ont été commis lors de l’attaque du 7 octobre

Des manifestantes dénoncent l'utilisation du viol comme arme de guerre par le Hamas Des manifestantes dénoncent l'utilisation du viol comme arme de guerre par le Hamas [REUTERS/Leonhard Foeger]

Des experts de l’ONU ont reçu «des informations claires et convaincantes» sur des viols et des actes de tortures à caractère sexuel commis sur des otages israéliens capturés lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier.

Les violences sexuelles sont souvent utilisées comme arme de guerre. L’ONU a publié un rapport ce lundi, affirmant avoir obtenu «des informations claires et convaincantes» sur des viols et des actes de torture à caractère sexuel commis contre des otages capturés lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre en Israël

Pramila Patten, la Représentante spéciale des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits, s’est rendue en Israël et en Cisjordanie entre le 29 janvier et le 14 février, invitée par le gouvernement israélien, avec une équipe d'experts. 

Sur la base d'informations recueillies «auprès de sources multiples et indépendantes», l'ONU dit avoir de «bonnes raisons de croire» que des victimes de l'attaque du Hamas du 7 octobre ont été violées, tout comme certains otages détenus à Gaza.

«Dans le contexte de l'attaque coordonnée du Hamas et d'autres acteurs le 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, l'équipe de la mission des Nations Unies estime qu'il existe des motifs raisonnables de croire que des violences sexuelles liées au conflit se sont produites dans plusieurs endroits, notamment des viols et des viols collectifs dans au moins trois endroits du sud d'Israël», a notamment précisé l’organisation. 

Des données difficiles à quantifier 

Ces experts de l’ONU ont à la fois rencontré des survivants et des témoins des attaques du 7 octobre, se sont rendus à la morgue où les corps des victimes ont été transférés, et ont également analysé «plus de 5.000 photos et environ cinquante heures d’images des attaques» fournies par diverses sources. 

Les experts ont noté qu’un certain nombre de femmes ont été retrouvées entièrement ou partiellement nues, «attaquées et abattues à plusieurs endroits», ce qui «peut être révélateur de certaines formes de violence sexuelle».

«Au festival de musique Nova et dans ses environs, il y a des motifs raisonnables de croire que de multiples incidents de violence sexuelle ont eu lieu, avec des victimes soumises à des viols et/ou des viols collectifs, puis tuées ou tuées pendant qu'elles étaient violées», précise le rapport

Toutefois, l’équipe de l’ONU a précisé qu’il était extrêmement difficile de vérifier tous les témoignages recueillis et que certaines informations restaient encore difficiles d'accès, et donc, que l’ampleur réelle des sévices vécues par les otages du Hamas pourrait «mettre des mois, voire des années, à voir le jour et pourrait ne jamais être pleinement connue», selon le communiqué de Pramila Patten. 

Nécessité d'un cessez-le-feu immédiat

Lors de la visite en Cisjordanie occupée, les experts de l’ONU se sont entretenus avec des représentants palestiniens, pour «entendre les points de vue et les préoccupations des homologues palestiniens et de dialoguer avec eux sur les rapports de violence sexuelle liée au conflit qui auraient été commis par les forces de sécurités israéliennes et les colons», est-il expliqué dans le rapport des Nations unies. 

Selon les témoignages recueillis dans ce cadre, l’autorité palestinienne a évoqué des traitements «inhumains et dégradants infligés aux Palestiniens en détention», et notamment «le recours accru à diverses formes de violence sexuelle, à savoir des fouilles corporelles invasives, des menaces de viol et de la nudité forcée prolongée». 

À l’issue de la visite en Israël et en Cisjordanie, l’ONU a donc formulé un ensemble de recommandations, à commencer par exhorter le Hamas à libérer immédiatement et sans condition tous les otages encore captifs, et à adopter un cessez-le-feu humanitaire dans la bande de Gaza. Les experts demandent également l’accès, pour plusieurs organes de l’ONU, notamment au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, à certains territoires palestiniens occupés, pour «mener des enquêtes approfondies sur toutes les violations présumées». 

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