Candy Crush Saga fête cinq années de sucreries

La franchise a été téléchargée plus de 2,73 milliards de fois depuis 2012. [© CNEWS Matin]

C'est l'histoire d'un paquet de friandises qui ne s'est jamais périmé depuis cinq ans. Le 14 novembre 2012 était lancé Candy Crush Saga sur mobiles.

Un titre qui est entré dans l'histoire et connu comme le jeu vidéo de tous les records. Depuis ses débuts, la franchise Candy Crush a été téléchargée plus de 2,73 milliards de fois et plus de 1.100 milliards de parties ont été jouées. Ses bonbons colorés et ses petits personnages cartoonesques (Tiffi, Mr Toffee ou encore Bubblegum Troll) sont présents dans 196 pays, où des dizaines de millions de personnes résolvent ses puzzles. Lancé d’abord sur Facebook en avril 2012 par une équipe de trois Suédois férus de Match-3, le titre a rapidement explosé dans sa version mobile et, le succès aidant, la société King emploie désormais 2.000 salariés dans le monde.

Un succès qui dure

Véritable phénomène social, ce jeu, au concept simple, a surtout popularisé le casual gaming, tout en surfant sur le modèle freemium. «Au début, Candy Crush intéressait surtout les femmes de 25-45 ans, mais aujourd’hui tous les âges sont concernés et la parité est atteinte», explique Sebastian Knutsson (photo ci-dessous), l’un des fondateurs de King et patron de la branche artistique.

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© King

Chaque jour, les joueurs de Candy Crush consacrent en moyenne 36 minutes de leur journée à aligner les petits bonbons. Cet univers sucré ne doit rien au hasard, puisqu’une équipe de 70 personnes édite en permanence son contenu. «Nous avons toujours essayé de relancer l’intérêt de nos joueurs avec des niveaux inédits chaque semaine, précise Sebastian Knutsson. Ce contenu n’est pas produit aléatoirement, mais par des développeurs qui s’assurent qu’un niveau reste amusant. Nous collectons des données pour nous dire ce qui semble être apprécié ou non, cependant il nous faut sans cesse doser la difficulté pour donner l’envie de jouer.»

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© courtesy of Audrey Œillet

«Il est aisé de réaliser des niveaux faciles et très difficiles, mais il reste bien plus compliquer de créer un niveau équilibré, renchérit Keith Blyth, game designer chez King. Deux facteurs entre en jeu, d'abord notre expérience en tant que game designers et ensuite tous les retours des joueurs tests. Ce feedback, nous l'obtenons auprès d'une société qui collecte pour nous des données très utiles (nombre de tentatives pour gagner, temps passer, taux d'abandons...). Et contrairement aux idées reçus, nous ne faisons rien délibérément pour rendre les niveaux plus durs, car chaque niveau doit être finissable sans payer. C'est important, sinon les joueurs se sentiraient floués et abandonneraient le jeu.»

En proposant d’abord un jeu qui se doit d’être jouable gratuitement, King révèle d'ailleurs qu’aujourd’hui, la moitié des joueurs qui ont été au bout n’ont rien dépensé. Reste que le titre s'avère extrêmement lucratif pour la société King. Si les revenus générés par le jeu restent confidentiels, King a été racheté l'année dernière pour plus de 5,4 milliards d'euros par le groupe Activision Blizzard.

Tout l'art de Candy Crush Saga

Au-delà de ses niveaux plus ou moins ardus, le succès de Candy Crush se mesure aussi à la popularité de ses petits personnages. Et rares sont les joueurs qui ne connaissent pas l'espiègle Fiffi, le hibou Odus, Mr Toffee, Yeti, Roberta ou encore le dragon Denize. Au total, 70 personnages sont venus égayer le petit monde coloré de Candy Crush durant ces cinq années. Un travail artistique mené par une équipe d'une vingtaine de personnes.

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© n.cailleaud pour CNEWS Matin

«Lorsque nous créons des protagonistes, nous gardons à l'esprit qu'ils doivent hériter de traits simples, francs et directs, à l'instar des cartoons produits entre les années 1930 et 1960 et ceux d'Hanna-Barbera», expliquent Sandra da Cruz Martins et Mattias Andersson, character designers -qui nous montre comment dessiner Tiffi dans la vidéo ci-dessous-. Si les éléments du décors se doivent d'être appétissants, «tout l'art est d'éviter d'être aussi trop distrayant pour le joueur», précise Sandra da Cruz Martins.

Rares sont les jeux à perdurer aussi longtemps dans l'industrie vidéoludique. A l'ère de la mobilité, Candy Crush Saga a surtout réussi à prouver que son modèle n'était pas vain, le succès résidant souvent dans la simplicité. «La clé a sans doute été de créer un jeu qui s'adresse au plus grand nombre pour de courtes parties que l'on peut réaliser à tout moment de la journée et en tous lieux. C'est ce qui convient à nos modes de vie actuels, d'autant que les smartphones nous accompagnent partout», conclut Sebastian Knutsson.

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