Saint-Malo : le tribunal veut lui retirer 155 points sur son permis de conduire

Radar mobile Radar mobile près de Nantes, 1er juin 2014[JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]

Le cuisinier a dû trouver la note salée. Flashé à 155 reprises sur la route qu’il empruntait pour relier son domicile et son lieu de travail, un Malouin de 43 ans a comparu hier devant le tribunal de Saint-Malo. Le tribunal a requis le retrait de 155 points sur son permis de conduire.

Pour se rendre au travail, le cuisinier de Saint-Malo passait en scooter devant deux radars. Uniquement flashé par l’avant du véhicule, où aucune plaque minéralogique n’est installée, il était toujours respectueux du code de la route lorsque le radar le photographiait par derrière. 

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Les gendarmes pensent à une stratégie de chauffard malin, le concerné a une toute autre explication. «A cet endroit, les gens pilent à cause du virage en découvrant le radar au dernier moment, ce qui m’obligeait à ralentir», a expliqué le conducteur à la barre pour justifier le respect systématique de la limitation de vitesse à 70 km/h dès lors qu’il présentait l’arrière immatriculé du scooter au radar.

Assidu aux radars

Les excès de vitesse n’étaient jamais bien méchants, restant sous la barre des vingt km/h. Mais la fréquence et la régularité des infractions ont attiré l’œil des gendarmes. Entre septembre 2015 et juin 2016, l'homme déclenche 155 fois le flash d'un radar, matin, midi comme soir. A tel point que le Casir (Centre automatisé de constatation des infractions routières) de Rennes, intrigué par une telle assiduité, débute une enquête.

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L’étude des photos révèle un numéro de téléphone inscrit sur le scooter. Suivant cette piste, les gendarmes remontent jusqu’au loueur du scooter, puis jusqu’à leur suspect. «Je suis tellement pris par mon boulot que je ne faisais pas attention», dira l’interpellé pour sa défense.

155 amendes

Malheureusement, l’argument ne fait pas mouche auprès des autorités. Le commissaire de police Pascal Serrand, qui souligne au passage que «les gendarmes ont autre chose à faire que perdre du temps avec ce genre d’infraction», requiert autant d’amendes que d’infractions enregistrées par le radar : 154 de 45 euros, et une 155e de 68 euros, soit un total de 6 998 euros. 

Si le malouin sait qu’il échappera difficilement au retrait de son papier rose, il espère réduire les frais. Son avocat a plaidé la modération de l’amende, qu’il propose de plafonner à l’équivalent d’un mois de salaire de son client, soit 1 500 euros. Le montant de l’addition devrait être connu le 13 mars prochain, date fixée pour la décision. En voilà un qui risque de ne pas laisser de pourboire.  

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