Murielle Bolle, confrontée à son cousin, reste sur ses positions

Une photo du 21 juin 2017 de Murielle Bolle dans son jardin à Granges-sur-Vologne [PATRICK HERTZOG / AFP/Archives] Une photo du 21 juin 2017 de Murielle Bolle dans son jardin à Granges-sur-Vologne [PATRICK HERTZOG / AFP/Archives]

Murielle Bolle, témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, aujourd'hui mise en examen et incarcérée, a été confrontée ce vendredi à Dijon à un cousin dont le témoignage récent a été déterminant dans sa mise en cause.

A l'issue de la confrontation, «chacun des protagonistes» est resté «sur ses positions», a indiqué le procureur général Jean-Jacques Bosc, vendredi en fin d'après-midi.

Murielle Bolle «a réitéré qu'elle n'avait pas fait l'objet de violences», alors que son cousin «a confirmé ses déclarations», affirmant qu'elle avait été rouée de coups et amenée par sa famille à revenir sur témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche.

Son avocate Emilie Baudry estime avoir des «arguments solides pour faire vaciller» le témoignage du parent de sa cliente qui avait 15 ans à l'époque des faits et en a 48 aujourd'hui. «L'objectif recherché» est la mise hors de cause de Murielle Bolle, affirme Me Baudry.

La confrontation devant la présidente de la chambre de l'instruction de Dijon, Claire Barbier, a tourné autour de la rétractation éclair de l'adolescente il y a plus de 32 ans, après un témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche pour le rapt de Grégory, 4 ans, retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

La thèse de violences familiales

La déposition du cousin vient conforter la thèse de violences familiales, le soir du 5 novembre 1984, qui auraient conduit à la volte-face de Murielle Bolle. «Non, je n'ai pas été frappée», a rétorqué cette dernière aux gendarmes lors de sa garde à vue, fin juin, dans les Vosges, selon des extraits des procès-verbaux publiés par le quotidien Libération.

Murielle Bolle avait été mise en examen le 29 juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire par la présidente de la chambre de l'instruction, qui instruit le dossier. Ses avocats ont déposé une demande de remise en liberté, qui sera examinée le 4 août par la chambre de l'instruction. «Nous pensons (...) que Murielle Bolle a de grandes chances d'être remise en liberté» sous contrôle judiciaire, a estimé Me Baudry.

Dossier énigmatique relancé

A la mi-juin, l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, avait relancé spectaculairement ce dossier des plus énigmatiques. Soupçonnés d'être les fameux «corbeaux» de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.

L'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna, a annoncé qu'il sera présent vendredi à Dijon et qu'il avait fait «une demande officielle» pour assister à la confrontation, même s'il reconnaît que ce n'est pas prévu dans le Code de procédure pénale.

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