Hébergement d'urgence : des associations dénoncent le «tri» des migrants

Plusieurs associations, invitées par le gouvernement, ont quitté la réunion pour protester contre un projet de circulaire qui leur a été présenté.[AFP / ARCHIVES]

Des associations d'aide aux migrants ont dénoncé la politique du gouvernement concernant l'hébergement d'urgence.

Alors que le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, a annoncé samedi l'ouverture de 7.300 places d'hébergement, il accueillait, la veille, plusieurs organisations humanitaire afin de présenter un projet gouvernemental, aux côtés du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

L'excutif voudrait identifier les étrangers présents dans les centres d'hébergement accueillant les sans-abri. En particulier, c'est leur situation administrative à laquelle le gouvernement souhaiterait avoir accès. 

Des équipes mobiles pour effectuer des contrôles 

Pour ce faire, l'ancien maire de Lyon souhaite envoyer des «équipes mobiles» dans les centres d'hébergement d'urgence chargées d'effectuer des contrôles auprès des occupants des lieux.  

Mais les associations présentes - parmi lesquelles figurent La Cimade, Emmaüs ou encore Médecins du Monde - n'ont manifestement pas bien accueilli ce plan puisqu'elle ont décidé de quitter la place Beauvau où se tenait la réunion en signe de protestation.

Un «tri» dénoncé 

Pour ces organisations, ces contrôles reviennent à un «tri» des personnes hébergées et des migrants. Or cette mesure est en contradiction avec le principe d’«accueil inconditionnel de toute personne en situation de détresse présente sur le territoire», selon le communiqué commun d'un groupe d'associations, pourtant fondateur du «code de l’action sociale et des familles».

Le collectif ajoute qu'il s'agit d'«un marqueur fort des valeurs de solidarité et républicaines de notre pays». La publication se conclut par la réitération d'une demande formulées par les associations de rencontrer le chef de l'Etat afin d'évoquer la problématique d'accueil et prise en charge des migrants. 

Les organisations spécialisées dans la prise en charge des migrants avaient déjà dénoncé plus tôt dans la semaine le vote à l'assemblée d'une proposition de loi autorisant sous conditions la rétention préventive des demandeurs d'asile dits «dublinés».

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