Tout savoir sur George Weah : ancien footballeur et nouveau président du Liberia

Photo prise en septembre 2017, en pleine campagne présidentielle au Liberia.[JOEL SAGET / AFP]

Son élection a déclenché un séisme. Ballon d'or 1995, à 51 ans il a été élu président de la République du Liberia le 26 décembre. C'est la troisème fois qu'il se présentait à l'élection.

George Weah nait le 1er octobre 1966 à Monrovia, capitale du Liberia, dans le bidonville de Clara Town. Issu de l'ethnie Krou, il sera élevé par sa grand-mère. Enfant, «je vendais des sucettes et du pop-corn en sachet», raconte-t-il dans les colonnes de l'Humanité en 1995.

Déjà passioné par le ballon rond, les quelques dollars qu'il gagne, il les donne au club de football du coin, les «Young Survivors» (les «Jeunes survivants» en français). Il entame une carrière de footballeur au Liberia et pendant son adolescence, joue pour les deux plus grands clubs du pays : «Mighty Barolle»et «Invicible Eleven». En 1987, il entame une carrière internationale en étant recruté par le club camerounais «Tonnerre Yaoundé».

Footballeur international

Sa carrière décolle réellement à 22 ans, quand Arsène Wenger, entraineur de l'AS Monaco, le repère et lui propose son premier contrat en Europe. En tant qu'avant-centre, il devient une figure incontournable de l'équipe : pour sa première saison, il marque 14 buts en 23 matches. En 1991, il décrochera la Coupe de France avec ce club.

Footballeur incontournable des années 1990, il joue de 1992 à 1995 au PSG. Michel Denisot, président du club parisien à l'époque, avait alors déclaré : «Weah est plus cher que la tour Eiffel.»

Il reçoit le Ballon d'or 1995, consécration ultime récompensant le meilleur joueur de football. George Weah devient alors le premier footballeur non-européen et originaire du continent africain a l'avoir reçu. Il continue sa brillante carrière au Milan AC jusqu'en 1999 avant de passer par Chelsea, Manchester City et l'OM

Un engagement profond pour le Liberia

Jusqu'en 2007, il joue pour les Emirats arabes unis, mais a déjà la tête en politique. Depuis 1994, il ambassadeur du Liberia du fait de ses nombreuses donations dans des associations du pays, notamment dans les clubs de football. Au début des années 2000, en plein pendant la seconde guerre civile du Liberia, il critique le gouvernement du président Charles Taylor, qu'il accuse notamment de corruption. Ce dernier n'apprécie pas cet affront, et fera détruire la maison de membres de la famille du joueur.

En 2004, il prend part à la campagne de la Mission des Nations Unies au Liberia, qui cherche à désarmer et à résinsérer les enfants soldats de la guerre civile. C'est en 2005, qu'il se présente pour la première fois à l'élection présidentielle, sous les couleurs du Congrès pour le changement démocratique (CDC). Il perd contre Ellen Johnson Sirleaf, qui deviendra la première femme élue chef d’Etat en Afrique. Il se présente à la vice-présidence en 2011, et perd à nouveau.

Critiqué pour son manque d'expérience en matière de politique et d'administration, il passe et obtient un master de gestion, puis remporte l'élection sénatoriale de Monrovia en 2014, avec 78% des voix.

L'élection présidentielle de 2017

Lors de cette campagne présidentielle, George Weah a promis de mener une vraie lutte pour la gratuité de l'école, pour un système de santé accessible à tous et contre la corruption. Ses adversaires dénoncent, eux, un programme «flou» et surtout une campagne populiste.

Il a également été critiqué pour avoir choisi Jewel Howard-Taylor, ex-femme du dictateur Charles Taylor, comme vice-présidente. Sénatrice du comté de Bong depuis 11 ans, elle a rendu la candidature de George Weah plus crédible dans le milieu politique et lui a apporté des fonds et un carnet d'adresses. Mais ce lien avec l'ancien président, condamné à 50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Sierra Leone, passe mal.

Dans une interview au média RFI George Weah déclare à propos de Charles Taylor : «Même des gens qui ont créé la guerre, aujourd’hui je leur parle. Je leur dis bonjour parce qu’ils sont Libériens.»

Avec 61,5% des voix, sa grande popularité l'a tout de même emporté face à Joseph Boakai, le vice-président sortant. George Weah prendra ses fonctions le 22 janvier 2018.

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