Climat, tensions raciales, Corée du Nord... Donald Trump à contre-courant

Le comportement impulsif et instable du Président américain ne cesse de diviser, jusque dans son propre camp Le comportement impulsif et instable du Président américain ne cesse de diviser, jusque dans son propre camp. [AFP / BRENDAN SMIALOWSKI]

Sur le plan intérieur, comme sur la scène internationale, le dirigeant américain semble ne pas considérer les avis extérieurs pour privilégier ses électeurs. 

Le roi du contre-pied. Pas une semaine ne se passe sans une sortie polémique de Trump. Son administration entendait abroger hier le «clean power plan» (plan pour une énergie propre), adopté en août 2015, et qui vise à accélérer la transition énergétique.

Après plusieurs autres positions controversées, celle-ci illustre une nouvelle fois sa politique inédite, à contre-courant des injonctions des organismes internationaux et des dirigeants du monde. Et impose une posture très particulière sur les sujets brûlants de l’actualité.

Un président incontrôlable

Depuis sa prise de fonction, le 20 janvier 2017, Trump ne cesse de prendre des décisions controversées, notamment sur la scène intérieure. Cet été, il avait par exemple provoqué une vague d’indignation après avoir affirmé que la responsabilité des violences de Charlottesville, en Virginie, devait être recherchée des «deux côtés». Une affirmation, saluée par l’ex chef du KKK, qui avait exacerbé les tensions raciales dans le pays.

Des tensions visibles aussi par la fronde massive d’athlètes, en particulier de football américain, qui ont refusé de se lever pendant l’hymne national d’avant-match. Le milliardaire s’est aussi attaqué aux droits des femmes, en signant un décret interdisant le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’IVG.

Mais ses positions hasardeuses dépassent aussi les frontières, en plus de l’accord de Paris. Pointant l’échec de ses prédécesseurs pour réduire la menace nucléaire de la Corée du Nord, il estime que ni les sanctions, ni la diplomatie ne sont efficaces et multiplie ainsi les déclarations de guerre à l’endroit de Kim Jong-un. Au point de dénigrer le travail de négociation de son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et de provoquer la crainte des voisins de Pyongyang.

Même son de cloche sur le nucléaire iranien, où Trump se dit prêt à revenir sur l’accord, au grand dam des Nations unies.

Un comportement impulsif et instable qui ne cesse de diviser, jusque dans son propre camp. Bob Corker, l’influent sénateur du Tennessee, a déploré lundi que «la Maison Blanche soit devenue une halte-garderie pour adultes», estimant que Trump mettait l’Amérique en danger. «Il pourrait nous conduire à une troisième guerre mondiale», a-t-il même renchéri.

Son électorat reste séduit

Malgré ces polémiques à répétition, Donald Trump semble avoir gagné son pari. Car, le dirigeant, ex-star de la téléréalité avec son programme «The apprentice», applique à sa politique une logique de marketing implacable.

« A partir du moment où on ne parle plus de vous, vous êtes morts. Et, Trump ne veut pas être un has been», résume ainsi Ted Stanger, journaliste et essayiste d’origine américaine. D’autant plus que les déclarations sulfureuses du milliardaire plaisent à sa base électorale.

Et, c’est uniquement à elle qu’il s’adresse. «Polariser les gens, les mettre dans des camps, cela marche. S’il continue ainsi, il sera réélu», prédit même Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis.

Depuis son élection, sa cote de popularité, établie à 40 %, n’a en effet pas bougé. 

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