Ces inquiétants retours de jihadistes

Partis combattre dans les rangs de Daesh en Syrie et en Irak, ils sont nombreux à vouloir regagner l’Europe. Partis combattre dans les rangs de Daesh en Syrie et en Irak, ils sont nombreux à vouloir regagner l’Europe. [© AP/SIPA]

Alors que le «califat» a perdu la quasi-totalité de son territoire, l’Etat doit faire face à la venue de ses ressortissants partis en Syrie et en Irak.

Ils sont toulousains, marseillais ou encore lillois. Partis combattre dans les rangs de Daesh en Syrie et en Irak, ils sont nombreux à vouloir regagner la France, maintenant que le «califat» qu’ils avaient choisi de ­rejoindre a perdu l’essentiel de son ­territoire. Selon une étude de la Commission ­européenne, près de 3.000 jihadistes étrangers souhaiteraient regagner l’Europe.

Pour le gouvernement, déjà confronté à une menace terroriste maximale, ces «revenants» constituent un défi sans précédent. Ils sont l’une des raisons pour lesquelles, en dépit de la déroute militaire des jihadistes, la crise suscitée par l’émergence de Daesh est encore loin d’être réglée.

L’approche judiciaire privilégiée

Au total, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, 1.700 Français ont pris la direction du «califat» depuis 2014. Au moins 278 sont morts, et 302 sont revenus, parmi lesquels 58 mineurs. Placés en garde à vue à leur arrivée, la majorité des adultes – 134 au total – sont derrière les barreaux.

Les ­jihadistes français capturés lors des ­batailles sont en outre jugés sur place, a rappelé hier le président Emmanuel Macron, sur France 2. «Nous avons des échanges permanents avec la justice irakienne, que nous reconnaissons», a-t-il sou­ligné, tout en précisant : «pour les femmes et les enfants, ce sera du cas par cas, en fonction des situations».

La déradicalisation en question

Les familles d’une vingtaine de Françaises ont récemment adressé une lettre à l’Elysée, demandant leur rapatriement. Une option qui pourra être envisagée dans certains cas, a indiqué le chef de l’Etat.

Au-delà de cette approche ­judiciaire, une réflexion est menée au sommet de l’Etat sur des méthodes de «déradicalisation». Mais le projet n’en est qu’à ses balbutiements : pour l’heure, le seul centre de France a été fermé, l’expérimentation ayant «montré ses limites», selon le ministère de l’In­térieur.

Des questions comparables se ­posent dans plusieurs pays européens, notamment au Royaume-Uni et en ­Allemagne, qui comptent respectivement 425 et 300 «revenants».

Une menace parmi d’autres

La principale crainte des autorités est que des jihadistes de retour commettent des attaques sur le territoire français, comme celle du 13 novembre 2015. Mais c’est loin d’être la seule menace à peser sur le pays. Depuis les attentats de Paris, perpétrés par des jihadistes passés par la Syrie, les autres attaques ont, pour la plupart, été commises par des personnes résidant en France.

De Nice à Saint-Etienne du Rouvray, c’est depuis le territoire national que les derniers attentats ont été planifiés, même si certains de leurs auteurs avaient tenté de rejoindre la Syrie. Dans ce contexte, la prise en charge des jihadistes de retour s’inscrit dans une lutte plus globale, qui mobilise tous les échelons de l’Etat.

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